15 posts tagged “lecture”
Premier volet (mais en fait non...) de l'un des cycles les plus célèbres de la littérature de science-fiction. Asimov (dont certains retiendront I Robot). C'est toujours déroutant de revenir à un genre aussi particulier, j'avais parfois l'impression de me revoir à 16 ans devant Barjavel. Encore plus déroutant, le changement de protagoniste à chaque nouveau chapitre (le premier livre couvre plusieurs générations), On a à peine le temps de sympathiser avec qu'ils cèdent la place à un nouvel inconnu. Cette entame écrite dans les années 50 reprend quasiment toutes les facettes futuristes et politiques de la Guerre des Etoiles de Lucas et rien que pour ça, la lecture en valait la peine. Mais aurais-je le courage d'aller plus loin ?
Mon premier livre de Paul Auster. L'écriture m'a plu, l'histoire également. On commence par la fin et le narrateur s'efforce d'expliquer l'incident initial par un retour en arrière. Sa mémoire n'est pas parfaite, elle va et vient assez librement, s'attardant parfois sur un détail du tableau de peur de le délaisser définitivement. J'ai bien aimé.
Roman offert par Romain, lu cet été (j'ai beaucoup de retard). Il ne faut surtout pas se fier au titre qui pourait entonner une certaine niaiserie. L'histoire d'un livre écrit, micro-publié puis oublié, mais qui malgré tout traverse la vie de plusieurs personnages. Un vieil homme vivant seul. Un couple séparé par la mort. Une jeune fille sur les traces de son père disparu. Un écrivain renommé lui aussi cherchant le chemin de ses origines. La Shoah est là, elle aussi, au centre du livre. J'ai eu du mal au début, mais l'alternance des narrations amène rapidement de l'oxygène ; on est heureux de quitter un tel pour reprendre avec tel autre, puis revenir au premier. La fin se fait rythmée et la boule a grossi dans ma gorge. C'est beau et ce n'est pas de l'émotion facile.
Je me rappelle enfant, ne jurant que par ces créatures animées façon "Denver le dernier dinosaure" sur FR3. Je me rappelle enfant, jouant avec leurs figurines déjà un peu moins souriantes les mettant dans des situations plus périlleuses qu'à la télé. Je me rappelle surtout qu'un mercredi après-midi chez mon meilleur copain de l'époque, j'avais croisé son grand frère avec qui je partageais la passion du dessin et qui m'avait montré le premier numéro du comic, les planches à l'origine de toute cette frénésie enfantine. Des tortues difformes, des scarifications à ne plus savoir qu'en faire. Les revoilà devant mes yeux dans ce volume couvrant plusieurs années de production. Des histoires parfois assez délirantes (projection sur une autre planète), d'autres plus en phase avec le film des années 90. J'ai adoré (malgré le texte en anglais) et si un second volume voit le jour, je me jetterais dessus.
Livre forcément étrange autour du 11 septembre, couple désolidarisé, enfant de 9 ans extra-lucide (ce qui semble être une mode depuis Edgar Mint, sauf qu'Edgar j'avais envie de l'adopter, alors que là mes yeux avaient tendance à monter au ciel). La grand-mère et son amant, je me demande ce qu'ils viennent faire là-dedans, mais bon... A côté de ça, l'homme qui tombe, artiste qui reprend la position d'une des victimes défenestrées qui avait été photographiée dans une position presque angélique, cet homme qui tombe donc est parcimonieusement évoqué (trop ou suffisamment, j'aurais aimé le voir au centre du roman). Les premières pages et les dernières se lisent se dévorent. Le plongeon dans les bureaux du World Trade puis dans les rues emplatrées de New York vaut à lui seul la lecture de ce livre. Et la couverture en vaut l'achat.
Dénouement de l'intrigue Lisbeth Salander entamée dans le deuxième tome. La nébuleuse de Zalachenko est remplacée par celle de la Section, on a toujours autant envie de boire des cafés et de manger des sandwiches. Les rouages sont bien huilés, certains passages sont toujours aussi prenants (j'en ai voulu à mon amour de m'avoir interrompu le temps d'une nuit à la page 640). Ceci dit, rien ne vaudra pour moi le premier volume, où je le répète l'isolement du personnage face à lui-même et au livre qu'il doit rédiger m'avait plus que séduit. Bon c'est fini, et c'est bien dommage...
Voilà, deuxième tome englouti. Littéralement englouti. Une atmosphère différente ; chose à la fois prévisible mais qui ne m'a pas empêché de regretter l'isolement sur soi du premier. 150 premières pages légèrement inquiétantes, reposant sur la connaissance des deux personnages principaux, établissant quelques bases pour l'histoire à venir. Une scène de cyclone à la Twister qui aurait sa place dans une adaptation (mais là ? euh, j'ai pas vu l'intérêt). Mon front a commencé à se plisser à partir de la 151ème page (pas vraiment la 151ème, c'est juste symbolique). Et là, j'ai envie de dire : "tout s'enchaîne". Les vraies bases de l'intrigue remontent aux premières pages du premier tome. Le noeud paraît insurmontable et la chute est abrupte. Je garde une légère préférence pour Les hommes qui n'aimaient pas les femmes.
Roman que m'a offert Romain.
J'aime bien l'idée de ce passage physique du monde des vivants au monde des morts, même si je lui préfère celui de Buzzati. Il y a un risque à déployer tout le lyrisme stéréotypé des Enfers (la porte en elle-même évoque lourdement celle de Rodin). Ce livre me rappelle un film qui, quelques jours avant sa sortie, avait fait naître de grands espoirs et qui finalement sombrait dans une guimauve et un propos assez catholiques. Ce lyrisme m'a un peu fait soupirer là aussi et l'écriture du début me faisait penser à du mauvais Nothomb (emblématique de l'auteur qui se regarde écrire). Au final, je suis curieux de découvrir un peu plus l'univers de cet écrivain qui a tout de même reçu un Goncourt, ce dont une grande partie d'écrivants est incapable.
Petit détail qui a son importance : ce livre se lit vite et bien.
Ah, j'avais vraiment envie de l'aimer ce roman-là. Du premier coup d'oeil dans la librairie jusqu'aux dernières pages, j'y ai vraiment cru. La couverture et le résumé, plus que le Grand Prix de l'imaginaire 2006, me promettaient une rechute dans la Seconde Guerre, avec cette petite teinte de science-fiction qu'est l'uchronie (qui consiste à modifier les événements et à créer une deuxième réalité). Tout commence bien.
Le socle de l'histoire (un historien fait des recherches sur les secrets qui entourent le 10 mai 1941 (date à laquelle le second d'Hitler a été arrêté en Grande-Bretagne alors qu'il venait signer un accord de paix entre l'Angleterre de Churchill et l'Allemagne nazie)) est intéressant. Mais alors que le présent de l'historien est comme le nôtre (débarquement en 1944, fin de la guerre en 1945), celle d'un officier est tout autre (la paix a effectivement été signée en 1941). Donc premier haussement de sourcils, et on se dit que les réalités vont se croiser pour n'en faire qu'une éclatant au grand jour.
Puis, la trame de l'historien se perd, revient brièvement au tiers du roman avant de ne plus exister du tout. Vraiment étrange. Et toute cette thématique du double (Churchill et son sosie, les deux frères Sawyer, Rudolf Hess possiblement dédoublé aussi). Troublant. Le problème, c'est que tout est vraiment bien écrit, l'aventure des deux athlètes anglais aux jeux olympiques de Berlin est captivante. La suite aussi, la première entrevue avec Churchill.
Mais après, tout se brouille. Les vivants des premiers témoignages meurent dans d'autres passages et on se dit que -wouahou- il va y avoir de la révélation. Mais non. Et le dénouement qui amène une certaine légitimité à l'uchronie (la guerre s'est finie en 1941) me révolte encore aujourd'hui. Comment peut-on finir en jetant à la face du lecteur : bah en fait celui qui parle a rêvé six mois de sa vie suite à traumatisme crânien et la paix n'a jamais été signée en 1941 et maintenant il meurt dans l'ambulance ! Mais bien sûr et l'historien du début il a fait quoi, il a trouvé ce témoignage ? Le bonhomme a écrit son journal dans l'ambulance ? A eu le temps d'écrire les six derniers mois de sa vie pendant le trajet, avant de dire : Aaaah je meurs !" ?
Pourtant j'adore ce genre de scénario, mais quand il s'agit de Plus Belle La Vie...
L'histoire, bien connue, me hante depuis l'enfance. Entendue maintes et maintes fois sur une cassette audio. Un cadeau de mon père, si je me rappelle bien. Une photo noir et blanc de Gregory Peck en capitaine Achab chevauchant le dos blanc du cachalot entraperçue dans un des nombreux dictionnaires de cinéma de mon grand-père. Combien de fois ai-je contemplé cette image en rêvant au doux jour où je pourrai en voir le film ? Il faut bien comprendre qu'en ce temps-là, les DVD classiques du cinéma n'existaient pas, encore moins les téléchargements en quatre minutes chrono. Et puis, un jour, une chaîne de télévision l'avait diffusé. Mes parents s'étaient gentiment effacés et ensemble nous avions regardé la mise en image de John Huston et autant dire qu'elle n'a pas quitté ma mémoire. Revue à plusieurs reprises, notamment par un 1er janvier (2003 ?) alors que dehors la rue était blanche. Comme la baleine croqueuse d'hommes et de navires. Au temps où je me voyais encore réalisateur de films, je me disais que mon premier film serait celui-là et pas un autre, j'en savais les scènes et les images par coeur.
L'année dernière, j'avais voulu transmettre cette passion à mes élèves de CM1 qui avaient recouvert un mur entier d'illustrations sur le sujet. Oui, mais voilà, autant l'histoire m'avait bercé très tôt et suivi jusqu'à aujourd'hui, autant la lecture pleine et entière de ce livre, de cette brique, je ne l'avais pas effectuée. C'est aujourd'hui chose faite. Je savais que sur les quelques 800 pages, un grand nombre ressemblait plus à un apport encyclopédique qu'à un récit d'aventure. Certains chapitres ou enchaînements de chapitres sont assez épuisants, dès lors que l'on a découvert les personnages et que leur destin nous importe. Mais la malédiction qui plane au-dessus du Pequod et de ses occupants, les nombreuses prophéties qui se confirment implacablement les unes après les autres, les méfaits du cachalot racontés par les matelots, la poésie théâtrale de Melville, tout cela m'a porté jusqu'au bout, jusqu'à ces trois derniers chapitres narrant les trois derniers jours de chasse. La rencontre tant recherchée. L'affrontement apocalyptique aux limites du monde. Le rythme calme jusqu'alors, comme une douce croisière de plusieurs années de pêche continue, ce rythme s'emballe et précipite tous les corps dans un trou noir vertigineux.
Je ne sais pas si le remake en chantier verra le jour et s'il respectera l'imagerie qui flotte dans ma tête, comme flottait celle du Titanic et à laquelle le film de Cameron avait si justement répondu. Mais aujourd'hui, je ne tiens plus. Et comme en 1997, je tânerai mon entourage un an avant dans l'espoir que tous aillent le voir et reviennent en me disant : "Oui, c'est vrai, cette histoire est juste énorme !"